CIUMAFINA

Quelle rencontre ! La belle blonde et le brun ténébreux : apparemment l’archétype des pays scandinaves et celui des pays du Sud ; l’instrument trad typique de Suède, le nyckelharpa, et celui d’Italie, l’organetto, l’accordéon diatonique. Serait-ce un cliché ?

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Ah, c’est que vous n’avez pas écouté ou dansé sur ce que peuvent faire le nyckelharpa de Josefina Paulson et le diato de Stefano « Ciuma »* Delvecchio quand ils se rencontrent et s’opposent, se lancent et se taisent, se suivent et s’entendent !

Elle vient d’une région historique, le Västamanland, composé de plaines agricoles et de montagnes (certes pas très haute, 400m d’altitude) à l’Ouest de Stockholm. Il vient de l’Emilie-Romagne, composée aussi de plaines de cultures mais également des montagnes des Apennins, au Sud-Est des Alpes. Et c’est un nouveau territoire qui se forme à nos oreilles avec la culture du Nord et du Sud, les éléments typiques de leurs traditions respectives et les compositions toutes personnelles qui apportent énergie dans les gigues («suite gighe») et le rêve dans des mazurkas chaloupées («Stigar»). Ils chantent aussi… de l’albanais ( «lilla fagel & te gezojme se erdh pranvera»). Avec la simplicité des musiques traditionnelles ils font des compositions très recherchées toute en subtilité.

Ciumafina est la contraction du surnom de Stefano, Ciuma, et du prénom de Josefina.

Stefano Delvecchio a commencé à étudier l’accordéon diatonique en1988 avec Ricardo Tesi (venu au Feufliâzhe en 2017 avec le groupe Samurai). Il vient en France et étudie la composition, la théorie polyrythmique, puis approfondit son savoir du côté irlandais avec Liam Webster et Martin O’Connor et du côté colombien avec Antonio Rivas. Il a composé pour le théâtre et le cinéma notament pour Bertolucci. En 1991 il fonde le groupe Bevano Est avec qui il a fait beaucoup de festivals de part le monde. Il est membre d’autres groupes comme Kaleidorkèstra dans la tradition romagne, Cantalusa pour la danse folk, ou le trio Ciuma-Salvi-Trovesi qui couvre le répertoire trad italien pour diato. Et il enseigne.

Josefina Paulson a un diplôme en musique traditionnelle suédoise, et elle a reçu beaucoup de prix dans son pays et de par le monde ou elle est beaucoup demandée en soliste. Elle joue aussi sur un nyckelharpa basse et utilise des archets fabriqués par Jean-Claude Condi, luthier à Mirecourt, qui sera au salon de lutherie du Feufliâzhe.

La nyckelharpa, cousine de la vièle, est un instrument de plus en plus connu en musique traditionnelle mais il est vrai qu’étant né au Moyen-Age en Suéde, elle n’est jamais venue en Savoie avant cette dernière vingtaine d’années. Tout savoir sur l’instrument.

En plus de son duo avec Ciuma au concert de samedi soir, Josefina Paulson va donner un atelier de nyckelharpa le lendemain, à ne surtout pas manquer pour tous les musiciens de violons et de nyckelharpa, car c’est un des meilleurs jeunes professeurs de musique traditionnelle en Suède. Elle sait expliquer non seulement la technique du nyckelharpa mais aussi la mécanique du corps pour pouvoir utiliser au mieux l’instrument. Elle fait du yoga et elle a une telle compréhension des mouvements du corps humain que ses explications sont simples et claires. Elle est capable de donner des outils à chacun pour progresser, et de donner des expressions musicales différentes au violon comme au nyckelharpa.

Concert samedi soir à 20h30 sous chapiteau. RESERVATION ICI

Atelier dimanche matin de 9h30 à 12h30. INSCRIPTION ICI

Contact :

www.josefinapaulson.se

www.ciuma.com

* Vous avez remarqué que les musiciens italiens avaient souvent un surnom placé entre leur prénom et leur nom (Lorenzo « Lampo » Bojoli, Rinaldo « Genio » Doro, Vincenzo « Chacho » Marchelli, Vincenzo « Venso » Boniface, Rémi « Reiz » Boniface, pour ceux que nous connaissons bien) ?